DIVA FAUNE

VENDREDI 27 Août 2021 - 21h30

Electro-Pop

Yogan, Jérémy et Valentin ont l’énergie et la chaleur de la lave incandescente. Ils sont, ou plutôt ils forment Diva Faune, un groupe Electro pop au tempérament Indie rock « Dancing With Moonshine », leur premier album sorti le 22 février 2019, érupte de mille feux. Treize titres originaux à haut potentiel et aux réminiscences subtiles des sonorités vintage de la surf music des Beach Boys, à la pulse frénétique de la new wave de The Cure ou encore à la folk lancinante de Joan Baez ou Bob Dylan. Un mélange des genres dans lequel Jérémy arrangeur-producteur et Valentin batteur-producteur additionnel, répondent avec inventivité et pragmatisme aux compositions fédératrices d’un Yogan, auteur-compositeur-interprète. « Shine On my Way », « Get Up » et enfin « Shooting to the Stars », sortis en préambule à l’album, ont été massivement plébiscités par le public et soutenus par les radios. Une dynamique récompensée par une certification Single d’or pour « Get Up ».

Au registre des collaborations, notons les participations actives de Jesse Harris (Norah Jones) sur « Get up », Mark Plati bassiste et ingénieur du son New Yorkais (David Bowie, The Cure), la co-écriture de « Shine On my Way » avec le songwriter folk canadien Ron Sexsmith et enfin Julia Stone, soeur d’Angus avec qui elle forme le célèbre duo Australien, dont les mots caressent les volutes d’une folk exacerbée sur « After the Show ». Des échanges internationaux qu’ils décrivent avant tout comme humains et privilégiés. Dernièrement, Dominic Miller, guitariste et co-compositeur de Sting, est venu s’ajouter à cette précieuse liste…

La dimension de lien se retrouve dans les différentes strates de la création, l’écriture n’y fait pas exception, les textes font écho aux notions de relations humaines, de partage, de sentiments d’attachement au groupe ou à une communauté qu’ils dispensent comme des antidotes à la tristesse : « Ça parle généralement des rapports humains les plus « communs » dans le sens universellement partagé et qui rapprochent, cette dimension est ce qui mérite le plus d’être communiquée dans une chanson, sur les ondes et dans toutes oeuvres culturelles ». C’est toujours dans cet ordre d’idée que l’on trouve la clarification de l’étymologie du nom Diva Faune, une combinaison lexicale inventée qui désigne à la fois eux, vous, nous… Un égrégore ou une onde psychique et énergétique qui contient toutes les vibrations de ceux qui la créent. « Chaque concert est un instant unique, dans le sens où la combinaison des gens qui composent cette foule ne se produira précisément qu’une fois, l’idée est d’avoir une résonance particulière ensemble ce jour là». Fait notable, le groupe a donc la singularité de porter le nom de son public et d’en être d’une certaine manière l’ambassadeur.

L’ADN du groupe est international, en atteste les éminentes collaborations précédemment mentionnées mais aussi l’utilisation de cette langue anglaise parfaitement maitrisée. La culture Anglo Saxonne se taille une part belle dans leur univers, en partie due à leurs voyages et expériences de vie respectifs. Conformément à ses influences, l’album est avant tout anglophone. Pour autant des bonus « French edit » complètent la tracklist d’origine : « au début en tant qu’artiste c’est presqu’une violence de devoir se soumettre à cet exercice que l’on peut percevoir comme une contrainte mais après réflexion on se dit qu’il est important que la langue française, et précisément l’art en langue française, continue toujours plus de s’exprimer ; et que la langue et sa culture s’enrichissent au fil des oeuvres de tous artistes ». Finalement par le jeu de la sérendipité, Yogan s’est découvert un réel plaisir à ré-écrire dans la langue de Molière qui l’ouvre à de nouvelles perspectives. L’occasion d’inviter quelques représentantes de la scène féminine française en les personnes de Clara Doxal, Léa Paci, Matoo Yega et dernièrement Claire Denamur pour une nouvelle version de « Would you stand by me ». Un titre qui tient une place à part dans la genèse du groupe, puisqu’en plus d’être un des tous premiers produit et arrangé par Jérémy, il est celui par lequel Yogan a capté l’attention de leur manager qui par la suite fera la liaison avec leur maison d’édition, bien avant les passages radios et les grandes tournées. Cette ultime version, sublimée par la voix douce, teintée de Blues, de Claire Denamur, réussit une nouvelle fois le tour de force, de conserver l’intégrité et l’efficacité de la chanson originale tout en y ajoutant la grâce d’une qualité rare, la nuance.

Diva Faune rassemble, mobilise, « The Walking Nation », en ouverture de l’album, est l’hymne d’un groupe qui vit ses rêves plus qu’il ne rêve sa vie. Un titre engagé qui invite à l’estime de soi et impose une image affranchie de toutes étiquettes sociales et artistiques.
Le cadre posé, les chansons s’enchaînent sans perdre en intensité, portées par une voix touchante et communicante, par d’authentiques refrains, des arrangements d’une concision salutaire et un refus d’en faire des tonnes qui garantissent à l’ensemble une évidente efficacité. Révélé au grand public en 2017 par les radios, le groupe est né il y a une dizaine d’années dans les réseaux underground Parisiens et Lyonnais. La scène est leur terrain de jeu de prédilection, fort de leur notoriété nouvelle, écumer en plus grand nombre encore les concerts et les festivals a marqué cette année d’un point d’orgue. Musiciens dans l’âme, le passage d’artiste solo à groupe étaye cette conviction de partage, de sociabilité et a valeur de socle dans un univers où la mise en lumière peut être souvent très brutale. Les paroles, le regard des autres n’épargnent pas les artistes qui ne sont pas toujours préparés à cette exposition soudaine. Dans ce contexte sensible, affirmer haut et fort ses rêves grandioses est passible de jugement radicaux et pour une grande majorité quiconque est narcissique du moment qu’il s’extirpe de la masse. C’est pourtant le propre de tout artiste et Diva Faune n’échappe pas à la règle, ces réflexions existentielles dépassées, ils affichent fièrement leurs objectifs. « Dancing With Moonshine » est ombre et lumière, les titres se succèdent et s’intriquent, comme ces contraires qui n’existent pas l’un sans l’autre, la nuit qui précède le jour, qui précède une autre nuit… qui s’attirent et se créent mutuellement.

AUTRES ARTISTES